A l'adolescence, alors que les garçons de mon âge parlaient football, bagnoles et tournaient en rond sur leur mobylette kittée, je passais l'essentiel de mon temps libre à dessiner. Des auteurs tels que P. Druillet, Mézière, Tardi, Bilal, Schuitten et surtout J. Giraud " Moebius " entrèrent dans ma bibliothèque et m'influencèrent à tour de rôle.
Revers de la médaille, le dessin m'accaparait tellement que ma scolarité s'en ressenti et, les dispositions que je manifestais alors en Français et en arts-plastiques étaient inversement proportionnelles aux indispositions que je développais à tout le reste, ce qui me valu de revisiter ma troisième et de prendre une année sabbatique en seconde pour cause d'inventaire psychologique. Je finis tout de même par reprendre le chemin des écoliers et par passer un BAC A1 (lettres et maths).
A l'entrée du collège, j'envisageais d'être prof de dessin ou prof d'histoire ("L'Histoire et les histoires… " pour citer Godard), puis prof de dessin ou auteur de BD et finalement, à l'entrée au lycée, mon choix était fait, si bien qu'après le BAC, c'est tout naturellement que je m'orientais vers une formation en art qui m'ouvrit des horizons et me permit de découvrir d'autres pratiques telles que peinture, sculpture, gravure, photo, infographie et vidéo. Parallèlement à mes études, au cours de ces deux années d'initiation, je me lançais dans l'élaboration d'un album de bandes dessinées (écriture, découpage, dialogues et dessins) dont je réalisais 40 pages, il en manquait 8 pour que l'histoire soit complète, mais mon dessin ayant évolué au fil du temps je me rendais compte que ce n'était pas publiable. De plus, il était clair depuis le début que ce serait avant tout, un exercice.