A l’origine d’une histoire il y a une envie. Ici, mon envie première était de sortir du drame et de la noirceur de mes précédents albums et de raconter une histoire légère, une comédie policière dans l’esprit des aventures d’Arsène Lupin qui, avec celles de Sherlock Holmes, avaient bercé mon adolescence. Ce qui me manquait, c’était un prétexte, un postulat de départ, ce que Hitchcock appelait le
« mac guffin ». Après quelques mois d’atermoiements, celui-ci me fut offert par un documentaire télévisé dont je ne peux dévoiler le propos car il est l’objet de l’intrigue de
« Chambre Obscure ». J’ai ensuite construit mon récit à rebours, en plaçant les événements conduisant à sa conclusion. La trame générale mise en place, je m’attachais à construire une galerie de personnages riches et intéressants psychologiquement (à mes yeux, une bonne histoire est une histoire vécue par des personnages forts).